La recherche scientifique et la gestion des collections dans des bibliothèques patrimoniales.

Gepubliceerd op 21 april 2016 om 20:26

La recherche en bibliothèques : professionnels du livre et chercheurs au service de quel(s) public(s) ? Journée d’étude, Bibliothèque royale de Belgique, 21 april 2016.

 

Introduction

 

De tout temps, l’homme a collectionné des livres très divers. L’essentiel n’est pas tant quels sont les livres qui sont collectionnés, mais l’acte lui-même de collectionner. Tout collectionneur admettra qu’il contemple sa bibliothèque avec amour, qu’il aime toucher et caresser ses précieux livres. Cette passion a donné lieu à des collections superbes, chacune avec sa propre histoire. Généralement, la collection patrimoniale d’une bibliothèque en dit long sur le bibliothécaire ou le conservateur qui était à l’origine d’une collection particulière. Les collections sont en effet souvent le reflet des principes de sélection différents appliqués par tel ou tel bibliothécaire ou conservateur en fonction de ses intérêts. Les institutions patrimoniales, quant à elles, - et parmi elles, des bibliothèques patrimoniales comme la Bibliothèque royale de Belgique - constituent ensemble la mémoire matérielle de la société. Dans cette optique, on peut considérer que la constitution et la gestion des collections patrimoniales au sein de bibliothèques patrimoniales ne seront plus le résultat de la passion d’un collectionneur, mais le fruit de la recherche scientifique qui y est menée. Il reste bien sûr à vérifier si cela est vraiment correct.

Les principales raisons d’être des bibliothèques patrimoniales étant la collection, la conservation, la gestion et l’ouverture au public d’un échantillon représentatif du patrimoine imprimé,[1] leur objectif est de préserver le patrimoine pour le futur en y associant les citoyens. Si une bibliothèque patrimoniale entend réaliser une gestion durable de ses collections tout en assurant à tous un accès de qualité et durable, elle ne peut y parvenir qu’en développant un programme scientifique en tant que fondement d’une gestion des collections active et fondée.

Ces principes fondamentaux auront un impact direct sur le contenu donné à la recherche scientifique. Nous constatons trop souvent que la recherche scientifique menée se focalise uniquement sur les collections.  Aussi importante qu’elle soit, la connaissance des collections ne peut se suffire à elle-même. C’est la raison pourquoi la recherche scientifique au sein d’une bibliothèque patrimoniale sera axée à la fois sur la collection, sur l’institution et sur la société. Dans ce contexte, je voudrais définir trois lignes stratégiques pour la recherche scientifique :

  1. recherche scientifique et politique en matière de collection
  2. recherche scientifique et gestion des collections
  3. recherche scientifique et pertinence sociétale

1. Recherche scientifique et politique en matière de collection

 

Il n’y a pas de bibliothèque patrimoniale sans collection, ni de collection sans politique en matière de collection. L’objectif de toute institution patrimoniale est d’améliorer la qualité de la collection dont elle assure la gestion. Étant donné que les institutions patrimoniales ne peuvent plus jouer un rôle de premier plan sur le marché (de l’art) international en raison des budgets limités dont elles disposent, elles doivent faire la différence grâce à leurs compétences scientifiques. Il est certain que la valeur d’un livre ou d’un document ne peut être déterminée que sur base d’une connaissance approfondie de la collection elle-même.[2]

Il est donc d’autant plus étonnant que les bibliothèques patrimoniales en Belgique disposent à peine de plans de politiques en matière de collection bien établis et fondés scientifiquement.[3] Compte tenu des frais de conservation toujours plus élevés, la société s’interrogera de plus en plus sur le bien-fondé de la conservation de certains livres. La question de la signification culturelle et historique des livres précis ou des collections spécifiques pour la bibliothèque s’avère donc cruciale. Quel est le rapport entre le livre, la genèse et le développement de la collection ? Quel est son historique ? Quelle est sa pertinence sociétale ? Quelle est la valeur de la collection ? Seule une recherche scientifique ciblée peut apporter une réponse adéquate à cette question.

Les livres et documents constituant la collection d’une bibliothèque patrimoniale ont généralement rejoint l’institution par le biais de chemins divers. L’historique des collections de nombreuses bibliothèques patrimoniales nous apprend que ces dernières ont souvent intégré des collections privées complètes comme c’est le cas des « fonds ». Au cours des ans s’ajoutent des donations, des legs et des acquisitions. Mais l’on constate aussi que les centres d’intérêt des bibliothécaires et des conservateurs ont aussi laissé leur empreinte sur le développement de la collection.[4] Étudier et documenter la genèse de la collection d’une bibliothèque et de ses différentes parties nous aide à comprendre ce qui a été collectionné et pour quelles raisons. Une collection ancienne et la philosophie qui se trouve derrière peuvent par exemple traduire une conception du monde bien définie. Dans le cas des collections anciennes, cette conception du monde était largement déterminée par « l’élite ». Une telle étude permet aussi de vérifier ce qui n’a pas été collectionné. Il est par exemple surprenant de constater comment la Bibliothèque royale de Belgique a raté la connexion avec les manifestations culturelles contemporaines dans certains domaines. La gravure moderne, contemporaine d’après la IIe Guerre mondiale est par exemple présente de manière fragmentaire. Marcel Broodthaers, qui a joué un rôle international et fondamental dans le domaine de la gravure et qui a fait l’objet d’une rétrospective au Moma à New York, n’est pas représenté dans la collection du Cabinet des Estampes. De même, la musique populaire moderne de Belgique est presque entièrement absente, contrairement, par exemple, à la British Library qui conserve l’une des plus grandes collections d’enregistrements de pop music.[5] Afin de mieux cerner les visions précédentes de nos collections, il est donc nécessaire de reconstituer le cadre historique de l’institution et de le laisser sous les feux de la rampe : quels sont les points forts de la collection ? Comment la politique en matière de collection a-t-elle été développée ? Qu’est-ce qui a donné lieu à d’autres accents, par la suite, dans la collection ? Quelle est la relation avec le marché ? Qu’est-ce qui n’a pas été collectionné et cela se justifie-t-il ?

La recherche scientifique doit donner corps à une politique en matière de collection. Elle doit être menée avec une grande méticulosité du fait que la politique actuelle en matière de collection détermine ce dont l’institution disposera plus tard. Elle détermine donc aussi la position sociétale qu’elle adoptera dans le futur. De ce point de vue, l’étude de la pertinence des nouvelles collections patrimoniales est essentielle. Cette pertinence porte sur la relation avec la collection (partielle) présente, la vision et la mission de l’institution, etc. En même temps, il est primordial d’étudier de plus près l’historique du livre ou du document. L’exclusion d’une provenance incertaine requiert dans certains cas une étude historique approfondie.[6] Enfin, la détermination du contexte requiert, elle aussi, une étude approfondie. Ce contexte peut être lié à la genèse, mais également au premier propriétaire ou à des amitiés spécifiques. Une telle étude peut justifier par exemple l’acquisition d’un deuxième, troisième, voire quatrième exemplaire de certains ouvrages.

2. Recherche scientifique et gestion des collections

 

La recherche historique relative à la genèse d’une collection occupe une place essentielle dans la gestion de cette dernière. La collection a-t-elle été constituée de manière systématique ou de manière « écologique » et quel classement lui a-t-on appliqué ? Lorsque l’on collectionne de manière systématique, on se concentre sur un objet bien déterminé. Collectionner de manière « écologique » signifie réunir des ensembles qui présentent une certaine cohérence. Comme pour les archives, on se réfère ici au « principe de provenance », ce qui veut dire que l’unité historique de chaque fonds est respectée.[7] La question qui se pose alors est de savoir si cette unité historique se traduira ensuite aussi dans le classement de la collection ?

Toutefois, dans une bibliothèque patrimoniale, cela va plus loin. La gestion des collections patrimoniales se compose désormais d’un ensemble de disciplines, chacune liée à leur gestion et leur conservation : conservation préventive, conservation et restauration, développement de nouvelles technologies, spécialement aussi dans les domaines de la climatologie, des technologies de l’information,  etc. Tous ces domaines nécessitent à la fois de la recherche scientifique fondamentale et appliquée.[8]

 

En matière de gestion des collections, nous avons constaté au cours de ces dernières décennies comment le fichier a été progressivement remplacé par des applications informatiques. Celles-ci sont utilisées aussi bien pour la gestion que pour l’ouverture au public des collections. Dans le domaine du développement des nouvelles technologies, les bibliothécaires et conservateurs ont un rôle à jouer, entre autres, sur le plan des standards de métadonnées qui sont nécessaires à la catalographie et/ou l’inventoriage des collections. Bien que les collections des bibliothèques patrimoniales soient en principe des collections de livres, dans certains cas, elles doivent néanmoins, en fonction de leurs apparences spécifiques, être décrites sur base d’autres standards. Comment une bibliothèque patrimoniale obtient-elle un schéma de métadonnées global avec, d’une part, les métadonnées de gestion pure, qui sont nécessaires pour retrouver et gérer des « objets » individuels et échanger des informations à leur propos et avec, d’autre part, des métadonnées descriptives « scientifiques », qui peuvent être spécifiques pour chaque collection ?[9] Si ces aspects font partie des tâches essentielles d’une bibliothèque, alors la participation à des projets de recherche scientifique fondamentale est tout aussi nécessaire. La KBR participe ainsi au projet MADDLAIN, Identifying Needs to Modernize Access to Digital Libraries and Archives[10] et à ADOCHS, Auditing Digitization Outputs in the Cultural Heritage Sector. MADDLAIN est un projet de recherche dont l’objectif est de moderniser l’accès numérique aux collections de la Bibliothèque royale, des Archives de l’État et du CegeSoma alors que ADOCHS mène des recherches en matière de contrôle des données produites par les processus de numérisation dans le secteur du patrimoine culturel.

 

Dans le domaine de la préservation, de la conservation et des restaurations, l’expertise scientifique et la recherche appliquée jouent un rôle primordial.[11] Le temps où les conservateurs décidaient eux-mêmes de ce qui devait se faire est totalement révolu. Sur base de leur connaissance de la collection, ils se limitent désormais à fixer les priorités et à définir les lignes « philosophiques » par le biais de politiques étayées scientifiquement et de plans de priorités.[12] D’autre part, la recherche est appelée à appuyer des projets de restauration concrets. Je pense notamment aux études menées avant de procéder à la restauration du « Rijmbijbel » de Jacob Van Maerlandt. Sans informations de fond adéquates, il est impossible de prendre des décisions mûrement réfléchies. La problématique de la conservation et de la restauration de ce manuscrit emblématique est d’une telle nature que seule une équipe de restaurateurs formés scientifiquement soit à même de traduire les recommandations du conservateur en un traitement adéquat.  

Au niveau de la recherche fondamentale, la Bibliothèque royale participe entre autres au Brain-project Fingerprint (Innovative Visual Data Management for Drawings and Prints Collections).

3. Recherche scientifique et pertinence sociale

 

Ni la politique en matière de collections, ni la gestion des collections ne peuvent se concevoir sans une connaissance scientifique approfondie et qualitative de la collection. Cette exigence s’applique tout autant à la définition de l’intérêt sociétal des collections des bibliothèques. Cet intérêt réside en premier lieu dans le fait que les bibliothèques patrimoniales ont pour vocation de conserver un patrimoine culturel exceptionnel pour les générations futures. Déterminer cette valeur exceptionnelle n’est possible que sur base de connaissances scientifiques et se traduit entre autres par la documentation scientifique du patrimoine conservé et l’élaboration d’une liste des chefs-d’œuvre dans une perspective internationale.  [13]

Ensuite, la valorisation des collections touche en quelque sorte aux fondements des bibliothèques patrimoniales. Dans le passé, la valorisation des collections patrimoniales était trop souvent interprétée comme la mise à disposition à la recherche scientifique d’une part, et comme une valorisation scientifique mesurée en termes de publications, d’autre part. C’est entre autres grâce à l’arrivée de nouvelles technologies que la bibliothèque patrimoniale soit devenue de plus en plus, outre un centre de connaissances, un espace public où se côtoient connaissance et expérience.[14]

La valorisation des collections ne désigne donc pas explicitement ce « fonctionnement scientifique étroit ». Ce dont il s’agit en particulier, c’est la recherche scientifique en fonction d’une gestion des collections orientée public, autrement dit, les activités éducatives. Les questions fondamentales sont: que devons-nous entendre par activités éducatives dans le cadre d’une bibliothèque patrimoniale scientifique ? Se limitent-elles à offrir des activités à des enfants et à des adolescents, éventuellement dans le cadre scolaire, donc une forme alternative et/ou complémentaire d’enseignement ou s’agit-il de bien davantage, à savoir le développement d’une éducation culturelle, c’est-à-dire toute forme d’éducation intentionnelle visant à vivre une expérience consciente avec la culture et le patrimoine ? Dans cette acception, l’éducation culturelle proposée dans le secteur culturel et patrimonial - dont font donc aussi partie les bibliothèques -, vise à la fois les jeunes enfants, les adolescents et les adultes.

Il est clair que la recherche scientifique, si elle est mise dans une perspective d’éducation culturelle, requiert une orientation complètement différente et devient par définition, de la recherche appliquée. Il s’agit alors davantage d’un questionnement permanent par rapport aux collections, fondé sur une approche dynamique du passé et du présent. À la fin de sa vie, Johan Huizinga écrivait que si l’on veut donner une signification à l’histoire, celle-ci doit s’adresser à tous, et non seulement aux historiens.[15] La recherche scientifique ne peut donc se limiter aux collections elles-mêmes, elle doit au contraire faire preuve d’une sensibilité spécifique pour tout ce qui se produit dans la société.

Conclusion

 

Il est évident qu’une facette importante de la recherche scientifique doit être liée à l’acquisition, à la gestion et à la préservation des collections. La valeur d’une bibliothèque patrimoniale est déterminée par la qualité de sa collection, que ce soit du point de vue de sa cohérence ou de celui de l’état de conservation de son contenu. Pour y parvenir, une politique cohérente en matière de collection s’impose. Il ne suffit plus, aujourd’hui, de collectionner des livres et des documents. Le développement des collections dans les bibliothèques patrimoniales doit s’appuyer sur une recherche scientifique interdisciplinaire qui ne perd pas de vue leur ancrage dans la société !

 

[1] Comp. avec la définition ICOM du musée qui fait référence dans la communauté internationale: “Un musée est une institution permanente sans but lucratif au service de la société et de son développement ouverte au public, qui acquiert, conserve, étudie, expose et transmet le patrimoine matériel et immatériel de l’humanité et de son environnement à des fins d'études, d'éducation et de délectation.

[2] La valeur d’un livre ou d’un document peut être déterminée par ses qualités intrinsèques, artistiques, documentaires, scientifiques et financières. Le fait que la valeur marchande d’un objet, à la différence de son prix effectif, ne joue aucun rôle dans l’acquisition d’un livre ou d’un document, ne signifie pas que le marché ne peut faire l’objet d’une étude. Il est clair que les collections patrimoniales font partie du patrimoine d’une administration publique et ont donc aussi une valeur comptable. Il est étonnant qu’au sein des institutions, on ne fait pratiquement aucune recherche scientifique concernant l’évolution du marché (de l’art). Comparez par ex. Klink, P. W. V.,2005, Kunsteconomie in nieuw perspectief Groningen.

[3] http://www.vlaamse-erfgoedbibliotheek.be/activiteit/collectiebeleid. Comp. The British Library: http://www.bl.uk/aboutus/stratpolprog/coldevpol

[4] Comparez P. Gielen & R. Laermans, 2005, Cultureel Goed. Over het (nieuwe) erfgoedregiem, Tielt, p. 157.

[5] http://www.bl.uk/collection-guides/pop-music: “The British Library holds one of the largest and most wide-ranging collections of popular music in the world. It contains commercial releases, documentaries, interviews and live performances from all eras and genres together with magazines, fanzines, books and other publications to provide the user with a comprehensive picture of popular music and its history. - See more at: http://www.bl.uk/collection-guides/pop-music#sthash.FTxevx7G.dpuf

[6] Gillis Neyts

[7] Cf. Muller, Feith et Fruin qui en 1898 ont introduit le  « respect des fonds » dans leur “Manuel pour le classement et la description des archives”.

[8] Vgl. http://www.bl.uk/aboutus/stratpolprog/collectioncare/science-research

[9] Cf. en premier lieu, Jenn Riley, 2009-2010, Glossary of Metadata Standards, http://www.dlib.indiana.edu/~jenlrile/metadatamap/seeingstandards_glossary_pamphlet.pdf. Un des principaux standards en matière de gestion bibliothécaire est MARC 21. Pour la gestion des collections d’estampes, on fait appel entre autres à CDWA, CIDOC Core Data Standard for Archaeological Objects pour les monnaies, à ‘INHarmony’ pour les documents musicaux, à EAD & AMREMM pour les manuscrits. DC est un standard intermédiaire. Important dans ce cadre : LODLAM ou Linked Open Data for Libraries, Archives and Museums auxquels participent diverses bibliothèques ainsi que Europeana. The British Library a élaboré toute une stratégie à ce propos : http://www.bl.uk/bibliographic/main.html &  Unlocking The Value. The British Library’s Collection Metadata Strategy 2015-2018, http://www.bl.uk/bibliographic/pdfs/british-library-collection-metadata-strategy-2015-2018.pdf.

[10] https://www.maddlain.iminds.be/nl/start/

[11] E.g. The British Library: http://www.bl.uk/aboutus/stratpolprog/collectioncare/science-research & http://www.bl.uk/aboutus/stratpolprog/collectioncare/publications/articles/index.html

[12] P.e. Bibliothèque nationale de France. Charte de la conservation. Version actualisée 2014 : http://www.bnf.fr/documents/charte_conservation.pdf & Charte de la conservation. Document annexe comprenant les actions prioritaires : http://www.bnf.fr/documents/charte_conservation_annexes.pdf ; Koninklijke Bibliotheek van Nederland. Collectiebehoudsplan 2010-2013: https://www.kb.nl/sites/default/files/docs/collectiebehoudsplan_2010-2013.pdf

[13] P. Delsaerdt, J.-M. Duvosquel, L. Simons & C. Sorgeloos, 2005, Honderd schatten uit de Koninklijke Bibliotheek van België, Antwerpen – Brussel.

[14] Les musées ont traversé depuis quelque temps une évolution similaire. Cf. à ce propos, P. VAN MENSCH (ed.), 1989, Professionalising the Muses. The Museum Profession in Motion, Amsterdam.

[15] J. Huizinga, 1941, Over vormverandering der geschiedenis, Verzamelde werken VII. Geschiedwetenschap/ hedendaagsche cultuur, 1950,  http://www.dbnl.org/tekst/huiz003gesc03_01/huiz003gesc03_01_0008.php